lundi 5 novembre 2012

Les conseils d’Edgar Allan Poe aux écrivains en devenir


L’écrivain américain Edgard Allan Poe (1809-1849) est surtout connu pour ses récits qui préfigurent les genres de la science-fiction et du fantastique. Il a également donné à la nouvelle ses lettres de noblesse et il est même considéré comme l’inventeur du roman policier. Mais ses articles et essais sur le processus d’écriture sont moins connus. Voici quelques-uns de ses conseils qui pourront vous aider dans votre quotidien d’auteur :
Pensez avec votre stylo
Que doivent faire les écrivains quand ils sont titillés par une idée qu’ils n’arrivent pas réellement à saisir ? Le conseil de Poe est simple : ils doivent prendre leur stylo et écrire (évidemment, aujourd’hui il conseillerait peut-être plutôt de se saisir d’un clavier). Poe rejette l’argument selon lequel les idées sont si profondes ou subtiles qu’elles se placent au-delà des mots. Dans un article paru en 1846, il disait : « Pour ma part, je n’ai jamais eu une pensée que je ne pouvais pas mettre en mots, et cela la rendait beaucoup plus nette que lors de sa conception ». Selon Poe, « l’acte simple » d’écrire aide les écrivains à rendre leurs idées non seulement plus claires, mais également plus logiques. Chaque fois qu’il ne se sentait pas satisfait d’une vague « conception du cerveau », Poe disait : « Je recoure immédiatement à la plume, dans le but d’obtenir, grâce à son aide, la forme nécessaire, un résultat et de la précision. »
Commencez par la fin
Selon Poe, avant de commencer à écrire, les écrivains doivent savoir exactement comment leur texte va se terminer. C’est seulement en ayant toujours la fin en ligne de mire qu’un auteur peut donner à son intrigue la causalité indispensable et tendre vers le développement de son intention. Mais Poe était également un fervent défenseur du plan. Il estimait qu’une planification approfondie devait précéder l’écriture.
Faites court et ciblé
Poe pensait que les textes en prose ou les poèmes auraient un effet plus puissant s’ils étaient suffisamment courts pour être lus d’une traite. Poe estimait que la lecture d’un poème ne devrait pas prendre plus d’une heure. Quant à celle d’un texte de prose, elle ne devrait pas excéder deux heures. Selon Poe, c’est seulement en respectant ces limites qu’un écrivain peut réussir une « unité d’effet ou d’impression ». L’auteur devrait d’abord décider de l’effet précis qu’il veut provoquer chez le lecteur et ensuite faire en sorte que tous les éléments du texte contribuent à cet effet. Ainsi « l’âme du lecteur est sous le contrôle de l’écrivain. Il n’y a pas d’influences extérieures ou extrinsèques résultant de la fatigue ou de l’interruption. »
Cultivez la « capacité constructive »
Selon Poe, quiconque peut apprécier le travail d’un génie, est probablement capable d’en faire autant. Il estimait ainsi que les personnes « de génie sont beaucoup plus nombreuses que ce que l’on pense ». Mais le problème, c’est que la majorité des gens manque de « capacité constructive ». Selon Poe, cela comprend notamment une « faculté d’analyse » qui permet aux artistes de réussir l’effet qu’ils veulent produire. Cependant, la véritable difficulté vient du fait que cette capacité constructive « dépend particulièrement de l’énergie et de l’assiduité, ainsi que de qualités strictement morales telles que la patience, la capacité à se concentrer, l’autonomie et le mépris pour toute opinion qui n’est pas plus qu’une opinion ». En d’autres mots, le succès, tant dans l’écriture que dans les autres arts, requiert de la discipline, de la confiance et de la force de caractère.

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